Logo UGA Logo Uni Osnabrück

Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

Affichage du corpus

En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 98 [Ann] IV, 54-55 Rumeur de l'élimination prochaine d'Agrippine par Tibère
Les tensions dans la famille impériale entre Agrippine, veuve de Germanicus, et Tibère, eurent pour conséquence qu'une rumeur circula en 26 ap. J.-C., selon laquelle l'empereur cherchait à empoisonner sa belle-fille. De manière intéressante, ce bruit poussa Tibère à réagir et à multiplier les apparitions publiques pour le détourner.
Nec tamen Tiberii [Agrippinam] uox coram secuta, sed obuersus ad matrem non mirum ait si quid seuerius in eam statuisset a qua ueneficii insimularetur. Inde rumor parari exitium neque id imperatorem palam audere, secretum ad perpetrandum quaeri. (55) Sed Caesar, quo famam auerteret, adesse frequens senatui legatosque Asiae ambigentis quanam in ciuitate templum statueretur pluris per dies audiuit. Tibère, néanmoins, n’adressa pas la parole en public à Agrippine ; mais il se tourna vers sa mère en disant qu’il ne serait pas étonnant qu’il prenne quelque décision assez sévère contre une femme qui l’accusait faussement d’empoisonnement. D’où une rumeur selon laquelle on préparait à Agrippine son trépas et que l’empereur, n’osant pas le faire au grand jour, cherchait le secret pour passer à l’action. (55) Mais César, pour détourner le bruit, assistait assidûment aux séances du Sénat et entendit pendant plusieurs jours les délégations de l’Asie qui débattait pour savoir dans quelle cité serait  construit le temple.