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Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

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En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 89 [Ann] IV, 38 Débats sur la modestie de Tibère
Dans la continuité du refus d'installer un temple à son honneur en Espagne (cf. Tac., Ann., 4.37, Tacite présente différents courants de l'opinion publique (?) qui interprètent l'attitude de l'empereur.
Perstitit [Tiberius] posthac secretis etiam sermonibus aspernari talem sui cultum. Quod alii modestiam, multi, quia diffideret, quidam ut degeneris animi interpretabantur. Optumos quippe mortalium altissima cupere : sic Herculem et Liberum apud Graecos, Quirinum apud nos deum numero additos : melius Augustum, qui sperauerit. Cetera principibus statim adesse : unum insatiabiliter parandum, prosperam sui memoriam ; nam contemptu famae contemni uirtutes . Par la suite, Tibère persista, même dans ses conversations secrètes, à mépriser un tel culte de soi. Ce comportement, les uns l’interprétaient comme de la modestie ; la plupart en faisaient un manque de confiance en soi ; pour certains, c’était la marque d’une âme indigne. À les entendre, les meilleurs mortels ambitionnaient aux faîtes ; ainsi, Hercule et Liber chez les Grecs, Quirinus chez nous avaient été admis au nombre des dieux ; Auguste, continuaient-ils, avait mieux fait, puisqu’il l’avait espéré. Tout était aussitôt aux mains des empereurs ; la seule chose qu’il leur fallait se ménager insatiablement, c’était qu’on se souvînt d’eux favorablement : en effet, le mépris de la voix publique menait à mépriser les vertus.