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Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

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En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 373 [Hist] IV, 54 Rumeurs sur les défaites romaines chez les Gaulois
Plusieurs nouvelles, certaines véridiques et officielles (comme la mort de Vitellius, ou l'incendie du Capitole), d'autres circulant sous forme de rumeurs, et parfois fausses (à l'instar de prétendues guerres en Bretagne et en Pannonie), poussèrent les Gaulois à rejoindre les Bataves dans l'insurrection.
Galli sustulerant animos, eandem ubique exercituum nostrorum fortunam rati, uulgato rumore a Sarmatis Dacisque Moesica ac Pannonica hiberna circumsederi ; paria de Britannia fingebantur . Sed nihil aeque quam incendium Capitolii, ut finem imperio adesse crederent, impulerat. Captam olim a Gallis urbem , sed integra Iouis sede mansisse imperium : fatali nunc igne signum caelestis irae datum et possessionem rerum humanarum Transalpinis gentibus portendi superstitione uana Druidae canebant . Incesseratque fama primores Galliarum ab Othone aduersus Vitellium missos, antequam digrederentur, pepigisse ne deessent libertati, si populum Romanum continua ciuilium bellorum series et interna mala fregissent. Les Gaulois s’étaient enhardis en pensant que nos armées vivaient le même mauvais sort : en effet, il s’était répandu une rumeur selon laquelle les Sarmates et les Daces assiégeaient les quartiers d’hiver de Mésie et de Pannonie ; on s’imaginait qu’en Bretagne la situation était semblable. Mais rien autant que l’incendie du Capitole ne les avait poussés à croire que l’Empire vivait ses dernières heures. Autrefois, des Gaulois avaient pris Rome, mais l’Empire avait survécu sans que le séjour de Jupiter ne soit abimé ; les cieux venaient de donner par cet incendie prophétique un signe de leur courroux, et les peuples situés au-delà des Alpes allaient, c’était prédit, posséder l’ensemble du monde : vaines superstitions que psalmodiaient là leurs druides. Le bruit s’était aussi répandu que les chefs gaulois, envoyés par Othon contre Vitellius, s’étaient engagés avant de partir à ne pas faire défaut à la liberté dans le cas où le peuple romain aurait été brisé par une suite sans fin de guerres civiles et de dissensions internes.