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Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

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En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 310 [Hist] III, 13-14 Sédition de l'armée de Caecina
Caecina se tenait avec son armée (vitellienne) à proximité de Vérone. Il dut faire face à la défection de la flotte de Ravenne, organisée par le préfet Lucilius Bassus. Caecina décide alors d'organiser la défection de son armée, sans réussite (ce qui atteste, en miroir, de la fidélité des légions à leur empereur).
At Caecina, defectione classis uulgata , primores centurionum et paucos militum , ceteris per militiae munera dispersis, secretum castrorum adfectans in principia uocat. […] Sed ubi totis castris in fama proditio, recurrens in principia miles praescriptum Vespasiani nomen, proiectas Vitellii effigies aspexit, uastum primo silentium , mox cuncta simul erumpunt. Huc cecidisse Germanici exercitus gloriam ut sine proelio, sine uulnere uinctas manus et capta traderent arma ? Quas enim ex diuerso legiones ? Nempe uictas ; et abesse unicum Othoniani exercitus robur, primanos quartadecimanosque, quos tamen isdem illis campis fuderint strauerintque. Vt tot armatorum milia, uelut grex uenalium, exuli Antonio donum darentur ? Octo nimirum legiones unius classis accessionem fore. Id Basso, id Caecinae uisum, postquam domos, hortos, opes principi abstulerint, etiam militibus principem auferre, principi militem . Integros incruentosque, Flauianis quoque partibus uilis, quid dicturos reposcentibus aut prospera aut aduersa ? (14) Haec singuli, haec uniuersi , ut quemque dolor impulerat, uociferantes, initio a quinta legione orto, repositis Vitellii imaginibus uincla Caecinae iniciunt ; Fabium Fabullum quintae legionis legatum et Cassium Longum praefectum castrorum duces deligunt . Quant à Caecina, lorsque se fut répandu le bruit de la désertion de la flotte, il convoqua les centurions de premier rang et un petit nombre de soldats – les autres avaient été répartis en tâches militaires – et, cherchant un endroit secret dans le camp, les rassembla dans le quartier général. […] Mais lorsque leur trahison fut, dans tout le camp, aux mains de la renommée, les soldats accoururent dans le quartier général ; à la vue du nom de Vespasien écrit sur les enseignes et des images de Vitellius jetées à terre, ce fut d’abord un imposant silence, puis tout explose en même temps. Quoi ! la gloire de l’armée de Germanie était-elle tombée à un tel niveau de déchéance qu’ils abandonnent, sans livrer bataille, sans être blessés, leurs mains attachées et leurs armes prisonnières ? Et en face, de quelles légions s’agissait-il ? Oui, de vaincus ! Et encore, la seule force de l’armée d’Othon était absente, les légions première et quatorzième, qu’ils avaient quand même dispersées et terrassées sur ce même champ de bataille. Ces victoires avaient-elles eu pour but de céder à Antonius, un homme qui avait été banni, tant de milliers de soldats en armes comme s’il s’agissait d’un troupeau d’esclaves à vendre ? Sans doute, huit légions seraient chose accessoire par rapport à une flotte ! Voilà ce qui avait paru bon à Bassus et à Caecina, après avoir volé au prince ses demeures, ses jardins, ses richesses : enlever leur prince aux soldats, ses soldats au prince. Sains et saufs, sans avoir versé de sang, sans valeur même pour le parti flavien, que diraient-ils lorsqu’on leur demanderait de raconter ou leurs victoires, ou leurs défaites ? (14) Voilà ce qu’ils s’écriaient, d’abord un par un, puis tous ensemble à mesure que leur affliction les y poussait ; sous l’impulsion de la cinquième légion, ils remettent en place les images de Vitellius et chargent Caecina de chaînes. Ils choisissent Fabius Fabullus, légat de la cinquième légion, et Cassius Longus, préfet du camp, comme chefs.