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Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

Affichage du corpus

En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 166 [Ann] XIV, 8 Mouvement de foule à la nouvelle du naufrage d'Agrippine
Selon Tacite, Agrippine dut faire face au sabotage de son navire, ordonné par Néron, et survécut à cette tentative en nageant jusqu'au rivage, puis en se faisant porter à sa villa de Baules. La rumeur de l'événement attire une foule de soutiens à proximité.
Interim uulgato Agrippinae periculo, quasi casu euenisset, ut quisque acceperat , decurrere ad litus. Hi molium obiectus, hi proximas scaphas scandere ; alii, quantum corpus sinebat, uadere in mare ; quidam manus protendere . Questibus, uotis, clamore diuersa rogitantium aut incerta respondentium omnis ora compleri ; adfluere ingens multitudo cum luminibus, atque ubi incolumem esse pernotuit , ut ad gratandum sese expedire, donec adspectu armati et minitantis agminis deiecti sunt . […] Cubiculo [Agrippinae] modicum lumen inerat et ancillarum una, magis ac magis anxia Agrippina, quod nemo a filio ac ne Agermus quidem : aliam fore laetae rei faciem ; nunc solitudinem ac repentinos strepitus et extremi mali indicia. Pendant ce temps, le bruit du danger couru par Agrippine s’était répandu : on croyait que cela était dû au hasard. À mesure que chacun apprend la nouvelle, on court au rivage. Les uns montent sur les barrières que constituaient les digues, les autres sur les barques les plus proches, d’autres s’avancent dans la mer autant qu’ils le peuvent physiquement ; certains tendent leurs mains. Plaintes, vœux, clameurs des interrogations diverses et des réponses incertaines remplissent toute la côte ; une foule immense afflue avec des lumières, et lorsque le bruit se fut répandue qu’elle était saine et sauve, ils se préparaient comme aux félicitations, jusqu’à ce que la vue d’une colonne armée et menaçante les disperse. Dans la chambre, il n’y avait qu’une faible lumière et une seule de ses servantes ; Agrippine était de plus en plus inquiète, car personne ne venait de la part de son fils, et Agermus n’était pas non plus de retour. Si l’affaire était heureuse, se disait-elle, les choses auraient une autre apparence ; c’était à présent le désert, le vacarme soudain et les signes du dernier malheur.