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Voix de la Foule chez Tacite

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes, / Fama, malum qua non aliud velocius ullum [...]

(Virgile, Énéide, 4.173-174)

Illustration médiévale de la Fama

Illustration de l'édition Brant de l'Énéide, Strasbourg 1502

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En jaune, les termes renvoyant à une vocalisation collective. En vert, le discours indirect rattaché à la foule.

n° 109 [Ann] V, 3 Lettre de Tibère contre Agrippine et Nero
Juste après la mort de Livie au début de l'année 29 ap. J.-C., une lettre de Tibère, retiré à Capri, fit parvenir une lettre reprochant l'attitude de sa belle-fille Agrippine et de son petit-fils, Néron. La synchronie entre la disparition de Livie et l'arrivée de la lettre à Rome donna à penser que celle-ci avait été interceptée par Livie.
Missae [a Tiberio] in Agrippinam ac Neronem litterae quas pridem adlatas et cohibitas ab Augusta credidit uulgus : haud enim multum post mortem eius recitatae sunt. Verba inerant quaesita asperitate : sed non arma, non rerum nouarum studium, amores iuuenum et impudicitiam nepoti obiectabat. In nurum ne id quidem confingere ausus, adrogantiam oris et contumacem animum incusauit, magno senatus pauore et silentio. Tibère envoya une lettre contre Agrippine et Néron ; la foule crut qu’elle avait été apportée quelque temps auparavant, mais qu’Augusta avait empêché sa publication ; en effet, il n’y eut pas longtemps entre sa mort et la lecture de la missive. Elle comportait des mots d’une dureté recherchée ; mais ce n’étaient pas des combats, pas le désir de révolution, mais bien ses aventures débauchées avec de jeunes gens qu’il reprochait à son petit-fils. Contre sa bru, il n’osait inventer une telle accusation ; il blâma néanmoins l’arrogance qui se lisait sur son visage et son caractère obstiné – le Sénat, lui, saisi d’un immense effroi, gardait le silence.